Intelligence artificielle · 31 janvier 2023
ChatGPT ne récompense plus l'effort, seulement le résultat
ChatGPT ne réduit pas les inégalités, il les creuse. Ce qui te distingue vraiment, c'est ta façon de poser les questions.
Les requêtes ChatGPT trient les gens exactement comme les requêtes Google le faisaient : entre ceux qui savent poser des questions et ceux qui ne savent pas, entre ceux qui ont de la rigueur et ceux qui n'en ont pas, entre les créatifs et les autres. La machine ne comble aucun fossé. Elle l'agrandit. Deux utilisateurs face au même outil obtiennent des mondes différents.
Prends du machine code brut, colle-le dans ChatGPT : il reconnaît qu'il s'agit de shell code, le traduit en assembleur, puis en C pour reverse-engineer l'app. Un travail qui demandait des années d'expertise, exécuté en un instant. La leçon n'est pas technique. Elle est brutale : on ne valorise plus le temps passé, on valorise le résultat. La notion d'effort n'est plus l'alpha et l'oméga.
Les inégalités ne se réduisent pas. Les inégalités se creusent.
Oublie l'illusion conversationnelle. ChatGPT n'est pas un cerveau qui t'écoute, c'est une machine simplette qui aime les caricatures et a besoin d'être managée. Simule un personnage, définis les tâches, découpe les étapes, donne du contexte, fixe l'objectif, impose le format du rendu. Dis-lui surtout ce que tu ne veux pas. C'est du management, pas de la magie.
Sa mémoire est ridiculement courte : 4096 tokens, environ 3000 mots de contexte. C'est pour ça qu'il échoue à écrire un blog post entier mais excelle paragraphe par paragraphe. L'usage avancé, c'est de faire ton plan toi-même, puis un prompt par paragraphe, puis un dernier passage pour l'homogénéité. Ceux qui écrivent un livre en 48 heures font exactement ça.
On ne peut plus valoriser le temps passé, mais bien le résultat.
Sur le futur, méfie-toi des prophètes. Si plus de cinq films de science-fiction décrivent le même futur, ce futur n'arrive jamais, parce que le drame est toujours imprévisible. Personne n'avait vu venir le Covid. L'apocalypse du chômage de masse n'est pas plus réelle que l'utopie enchantée. On sous-estime le nombre de bullshit jobs qu'on va inventer pour tenir.
Le vrai clivage générationnel surprend : les plus de 50 ans adoptent ChatGPT plus vite que les ados. Les plus résistants, ce sont les 28-45 ans, nostalgiques d'une expertise qui perd sa valeur sociale. Ceux-là passent leur temps à piéger l'outil pour le discréditer, au lieu de comprendre ce qu'il change vraiment.
Si plus de cinq films de science-fiction décrivent le même futur, ce futur n'arrive jamais.
ChatGPT n'est qu'un point dans une galaxie d'outils d'un nouveau genre. Le fine-tuning, la création de ton propre modèle, les startups qui redéfinissent ce que veut dire lancer une boîte dans l'IA en 2023 — tout ça se joue derrière la porte du live.
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