Société · 19 novembre 2025
Vos ados ne sont pas prêts
Le marché du travail exige l'IA. L'école ne l'enseigne nulle part. Tes enfants sont pris au piège entre les deux — et personne ne les prépare.
Personne n'est prêt pour cette révolution. Le premier impact de l'IA, ce n'est pas Terminator : c'est la valeur des diplômes qui s'effondre. L'école devrait préparer nos jeunes au monde d'après. Elle ne le fait pas. Et quand le système n'est plus à la hauteur, il faut prendre l'éducation dans ses mains — la tienne, celle de tes enfants, celle de ton entourage.
Le paradoxe qui tue est cruel. D'un côté, un marché du travail qui se ferme : moins 15% d'embauche chez les juniors chez PwC, 1 200 000 diplômés pour 17 000 postes au UK. De l'autre, des compétences exigées qu'on ne leur enseigne nulle part. On les met face au mur, puis on les accuse de ne pas savoir le franchir.
On les met face au mur, puis on les accuse de ne pas savoir le franchir.
Contre-intuition brutale : il est plus facile de former un senior à l'IA qu'un junior. Pourquoi ? Le vrai gap générationnel, c'est le rapport à l'écriture. Une génération réseaux sociaux, images, vocaux, qui ne sait plus écrire — quand les plus de 50 ans viennent d'un monde où l'école forçait à penser clairement. Et penser clairement, c'est exactement ce qui fait la différence avec l'IA.
On a une génération d'illettrés, qui est réseaux sociaux, images, kikoolol, textos, et qui, donc, ne sait pas écrire.
L'IA a doublé la capacité de travail en trois ans. Sauf que 80% de l'impact d'une courbe de dix ans se joue sur les deux dernières années. Traduction : ce fois deux d'aujourd'hui deviendra un fois vingt. Les gens qui n'auront pas fait la préparation ne prendront pas un 2X dans la tête. Ils prendront un 20X. Et un 20X, ça détruit la classe moyenne.
Car l'IA commoditise l'expertise de façon violente. La connaissance technique devient aussi courante que l'eau et l'air. Ce qui fera la différence, ce n'est plus de savoir écrire l'équation — c'est de savoir que c'est là que se joue l'intuition. On ne peut plus prévoir, plus forecaster. On ne peut que tester, expérimenter, agir, et accepter que tout se fasse détruire plus vite qu'avant.
Les gens qui ne le font pas vont ne pas.
La bonne nouvelle : il existe un plan. Abandonner le terrain de la machine et retourner sur nos points de force. Apprentissage perpétuel, intelligence émotionnelle, pensée systémique, relations humaines, adaptabilité. Cinq muscles qu'on croit hasardeux mais qu'on peut entraîner comme on va à la salle de sport. Et la méthode la plus bête pour les développer, entre 14 et 20 ans comme à 50 : le jeu.
À lire ensuite