Storytelling · 23 mars 2023
Storytelling : il n'y a pas de frontière entre l'histoire et le mensonge
Le storytelling n'est pas un outil de précision. C'est un enchantement. Et ta peur de « mentir » t'empêche d'apprendre à raconter.
Tout le monde veut s'améliorer en storytelling, mais personne n'accepte l'effort surhumain que ça demande. Pendant huit ans à The Family, c'était une conférence tous les midis et tous les soirs, six jours par semaine. Le talent, l'inné, l'acquis : débat inutile. La seule question, c'est la pratique, et il y a toujours une occasion de pratiquer. Tout est une excuse pour storyteller, donc tu n'as aucune excuse pour ne pas le faire tout le temps, avec tout le monde.
La frontière entre le storytelling et le mensonge n'existe pas, par définition. Une histoire est une histoire : il n'y a pas de fact-checking à faire. Le pouvoir des histoires, c'est justement qu'elles ne sont pas dans le royaume du fait. Cette vision manichéenne du vrai et du faux est un truc d'enfance. La vraie question n'est jamais « est-ce vrai ? », mais « est-ce que je fais du mal aux gens ? ».
tout est une excuse pour storyteller
Ta personnalité n'est qu'une construction sociale. Alors n'aie pas peur de changer, de jouer un rôle, d'absorber une autre culture jusqu'au point où tu peux reprendre de la distance. C'est comme les fruits de mer : tu te définis comme quelqu'un qui déteste ça, puis un jour tu goûtes les bons, tu mens un peu, et tu grandis. S'adapter à une audience, ce n'est pas se trahir, c'est apprendre.
Il n'y a pas de fact-checking à faire dans le storytelling
L'histoire est un enchantement, et l'enchantement crée le plaisir, et le plaisir crée la connexion. Le langage, le rythme, le cliffhanger : ce sont des instruments au service de l'émotion, pas de la précision. À Munich, une salle glacée qui refuse de rire à tes blagues t'apprend qu'il suffit parfois de comprendre la clé d'une culture pour lui demander de hijacker sa propre règle.
Les meilleures histoires sont les histoires dont vous êtes le héros
Et n'oublie jamais : les chiffres ne sont pas objectifs. L'idée que l'Excel serait rationnel et le storytelling suspect, c'est la plus grosse douille des vingt dernières années. On fait dire aux chiffres ce qu'on veut. Les meilleures histoires restent celles dont ton interlocuteur est le héros — c'est là que tout se joue.
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